UN MONDE PLUS GRAND

Aux rêves d’étreinte ensoleillés succèdent les larmes du chagrin. Corine est un fantôme dans sa vie où son mari n’est plus. Une idée s’impose : partir aux confins du monde, enregistrer pour un documentaire le son de cérémonies rituelles. Ce sera la Mongolie, et une rencontre imprévisible avec le chamanisme. Le moyen peut-être d’ouvrir un chemin vers Paul : ils se sont promis qu’ils se reverraient, elle veut y croire…

Comment rendre la force de l’absence, l’impossibilité de faire son deuil, la conviction que l’amour est encore là, tout près ? Fabienne Berthaud y parvient dès la première image. Et d’autant mieux qu’elle confie à Cécile de France une interprétation plus physique que psychologique. Solide, ironique, mais d’une tristesse asolue, Corine va devoir renoncer à la logique occidentale, abdiquer toute défense, repousser les limites du monde sensible pour accéder à son seul espoir et se retrouver elle-même, dût-elle passer pour folle.

Formellement très soigné (les scènes de transe confinent à l’abstraction), le film n’évite pas toujours l’exotisme, des hommes et des paysages. Et la relation entre Corine et sa sœur aurait mérité plus de nuances. Mais il est permis d’être touché au cœur par la douceur et la justesse du regard porté sur cette histoire vraie.

(Catherine PAINSET, La Voix du Nord, publié le 2910/2019)

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