Dans ce long-métrage, Hugh Jackman incarne un homme qui se lance sur la piste d’une mystérieuse femme fatale, à l’aide d’une technologie qui permet de visualiser les souvenirs. Un superbe film.

 

Miami, au milieu du XXIe siècle. La cité est à moitié envahie par les eaux suite au réchauffement du climat, et le soleil tape tellement fort que les habitants restent chez eux durant la journée et s’activent pendant la nuit. La technologie a cependant continué de progresser et l’une d’entre elles, dérivée des techniques d’interrogatoire mises au point pour les affaires de terrorisme, permet désormais de visualiser les souvenirs contenus dans notre cerveau. Il suffit d’aller chez un spécialiste, et vous pouvez revivre à l’infini des situations de votre passé, les plus romantiques comme les plus anecdotiques, tout étant stockées quelque part au fond de votre esprit.

Nick Bannister (Hugh Jackman) est l’un de ces experts, qui voit un soir débarquer une cliente, Mae (Rebecca Ferguson), voulant juste savoir où elle a bien pu fourrer ses clés, et dont il tombe instantanément amoureux. Les deux deviennent rapidement amants, mais lorsque Mae disparaît subitement, Nick découvre qu’elle cachait bien des secrets, et se lance sur ses traces…

« Reminiscence » constitue le premier long-métrage de Lisa Joy, scénariste et réalisatrices de plusieurs épisodes de « Westworld », ambitieuse série d’anticipation qui s’intéresse aussi beaucoup à la notion de mémoire. L’un des producteurs du film a aussi des liens avec « Westworld », puisqu’il s’agit de Jonathan Nolan, frère de Christopher, scénariste réputé et… mari de Lisa Joy.

Mélange de high-tech et d’ambiance de film noir

Autant dire que « Reminiscence » affiche une certaine ambition, avec son habile mélange de high-tech et d’éléments plus datés, mais très cinématographiques, telle ici l’ambiance film noir des années 1940. À la vue des images, on peut rapidement oublier qu’on est censé évoluer une poignée de décennies dans notre futur, Hugh Jackman, incarnant un détective dans la plus pure tradition de Raymond Chandler, chapeau compris, tandis que Rebecca Ferguson et ses longues robes de cocktail a tout de la femme fatale qui ne peut que mener les hommes à leur perte.

Contre toute attente, ce mélange a priori incongru, sorte de chaînon manquant entre « le Faucon maltais » et « Inception », fonctionne à plein et ne nous laisse que de jolis souvenirs. Dommage que, victime de multiples changements de date de sortie, « Reminiscence » sorte ainsi en catimini en fin d’été. Mais on surveillera désormais attentivement les réalisations de Lisa Joy.

(Michel Valentin, Le Parisien, publié le 25/08/2021)

Write a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *