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REBUILDING

« Rebuilding » raconte la reconstruction d’un jeune cow-boy solitaire qu’une catastrophe oblige à se rapprocher des autres.

 

Ce second film du réalisateur américain Max Walker-Silverman nous embarque dans les grands espaces de l’Ouest américain, avec le portrait d’un cow-boy des temps modernes.

 

 

Le film s’ouvre sur la cavalcade d’un troupeau de vaches prêt à être vendu aux enchères. Ce troupeau, c’est celui de Dusty (Josh O’Connor), le jeune propriétaire d’un ranch entièrement détruit par un gigantesque incendie qui a ravagé la région.

 

 

Relogé par les autorités locales dans un mobile home sur un campement de fortune au milieu de rien, le cow-boy au chômage projette de partir dans le Nevada pour offrir ses bras dans une ferme de sa famille, en attendant de pouvoir reconstruire son ranch. Mais cette nouvelle situation conduit Dusty à renouer avec sa fille, Callie-Rose (Lily LaTorre), qu’il avait délaissée depuis la séparation avec sa femme Ruby (Meghann Fahy), et il commence aussi à tisser des liens avec ses voisins d’infortune.

 

 

Solidarité et enracinement

Après A Love Song présenté en 2022 au festival de Sundance puis à la Berlinale, Max Walker-Silverman signe un second western naturaliste contemporain, en brossant la peinture d’une Amérique rurale, aujourd’hui confrontée aux aléas climatiques et à la dureté du système libéral américain. Dans des paysages somptueux, évocateurs des temps premiers des États-Unis, il dessine le destin d’un cow-boy, fils de cultivateur, confronté à la perte de son ranch, qui est aussi son centre de gravité. Ses parents y sont enterrés, et c’est là que sa fille a passé les premières années de sa vie.

 

 

De tout cela il ne reste rien, qu’une étendue aride noircie par les flammes et « la belle vue ». Dans une Amérique libérale, il ne peut compter que sur lui-même pour reconstruire. Mais l’histoire va lui montrer que les liens avec ses proches, dont il s’était coupé avant le drame, et la solidarité qu’il découvre sur le campement avec tous ceux qui, comme lui, ont tout perdu, peuvent devenir le socle de son avenir. Une catastrophe à considérer, comme le souligne le réalisateur qui s’est inspiré de sa propre histoire pour écrire le film, « non comme quelque chose qui défait notre lien social, mais qui, au contraire, l’enracine et le renforce. »

 

 

Teinté de mélancolie, mais porteur d’un message d’espoir, ce second film de Max Walker-Silverman s’inscrit dans l’esprit des films de Chloé Zhao, en s’intéressant aux marges d’un pays fracturé. Dans une mise en scène sobre et tranquille, dans laquelle il joue des codes visuels du western pour mieux les détourner, le réalisateur saisit avec sensibilité les sentiments de ses personnages et les relations entre les différentes générations, celle de ce père défaillant en rattrapage avec sa fille (brillamment incarnée par la jeune actrice Lily LaTorre) ou encore celle qui lie cette même petite fille à sa grand-mère.

 

 

Avec ce film humaniste, Max Walker-Silverman nous questionne sur ce qui compte quand on a tout perdu, et sur la manière dont on peut reconstruire, au-delà de la simple matérialité des choses.

(Laurence Houot, FranceInfo Culture, publié le 16/12/2025)

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