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LA CONVOCATION
Ce thriller psychologique venu de Norvège, lauréat de la Caméra d’or au Festival de Cannes 2024, nous plonge dans un récit qui ébranle bien des certitudes.
Après avoir fait ses premières armes avec succès dans l’univers du court-métrage, le cinéaste norvégien Halfdan Ullmann Tondel s’est lancé dans le long-métrage avec La Convocation (titre original : Armand).
Sélectionné au dernier Festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard, le coup d’essai s’est mué en coup de maître : ce récit sous tension dans une école primaire scandinave sans histoire y a été récompensé par la Caméra d’or qui distingue chaque année un premier film. Il faut dire que Tondel, né à Oslo en 1990, a de qui tenir : ses grands-parents sont deux immenses légendes du 7e art : le cinéaste suédois Ingmar Bergman et l’actrice norvégienne Liv Ullmann.
Elisabeth (Renate Reinsve), mère de famille et actrice célèbre, est appelée à l’école de son fils Armand, 6 ans. Stressée, elle ignore la raison de cette convocation. Elle ne la découvre qu’à l’arrivée des parents de Jon, camarade de classe d’Armand.
Un incident s’est produit entre les deux enfants. Une banale chamaillerie aurait donné lieu à des actes plus ambigus, alarmants, de la part du fils d’Elisabeth. Cette dernière proteste avec véhémence, alors que la mère de Jon, Sarah (Ellen Dorrit Petersen), prend fait et cause pour son fils. La direction de l’école souhaitant faire toute la lumière sur cet incident avant qu’il ne s’ébruite, il s’ensuit un huis clos étouffant.
Comme si la situation n’était pas assez compliquée, le personnel administratif ne gère pas au mieux les choses, loin de là, entre un directeur embarrassé, une jeune encadrante inexpérimentée, une conseillère qui saigne du nez… L’école elle-même semble « crier » le malaise que la direction voudrait étouffer lorsque l’alarme incendie se déclenche de manière intempestive.
Le réalisateur Halfdan Ullmann Tondel explique avoir puisé ces deux éléments perturbateurs dans Le Charme discret de la bourgeoisie de Luis Buñuel. Ils ajoutent de la tension aux tensions.
Une école muée en théâtre onirique et inquiétant
La petite école, hier encore établissement sans histoire, se mue en théâtre inquiétant des mystères de l’enfance, des angoisses des adultes. Et peut-être, des fantasmes qu’ils projettent sur leur progéniture. Comment démêler le vrai du faux ? Comment faire la lumière entre les paroles des enfants, les accusations et dénégations des parents, tandis que dans le même temps, les confrontations entre les adultes font peu à peu remonter à la surface d’autres vérités, d’autres événements ?