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AMOUR APOCALYPSE
Cette comédie canadienne distille avec grâce les symptômes de l’éco-anxiété et de l’amour dans un tonalité aérienne et touchante.
Rien n’y fait. Adam a beau se consacrer tous les jours à une demi-heure de luminothérapie dans son bureau, la tristesse est présente en permanence dans son quotidien. Le chef d’entreprise est hanté par les risques climatiques qui menacent le monde, jusqu’au jour où il commence à nouer une relation avec une écoutante de l’appareil thérapeutique en question. Amour Apocalypse porte très bien son titre. Le film en effet, raconte une jolie histoire d’amour en plein abîme apocalyptique, d’une part relatif à la psychologie fragile du protagoniste, et d’autre part au contexte général du Canada qui subit un réchauffement climatique majeur et de surcroît un tremblement de terre.
Il y a beaucoup de rythme dans cette histoire joyeuse qui rappelle à bien des égards le joli portrait de Jeune Juliette où la fragilité et la tendresse cohabitaient formidablement. Adam et Tina se rencontre de façon complètement inattendue, comme si le destin, aussi capricieux soit-il, avait tout fait pour les réunir. Le cinéma d’Anne Émond n’a ainsi pas peur de jouer avec l’invraisemblance pour donner à ses personnages une épaisseur romanesque et cocasse. L’important pour la réalisatrice est de réunir des héros modernes, habités par une forme de dépression universelle qui est un irrésistible moyen pour provoquer l’espoir et le rire.
Comme sur une scène de théâtre, les malentendus, quiproquos et hasards qui n’en sont pas habitent le récit qui va dans tous les sens. On voit ainsi Adam passer de l’état de dépression chronique à celui de l’insouciance, de la joie et du lâcher-prise. Anne Émond envoie à ses spectateurs, à coups de rires, un message d’un grand optimisme, qui pousse chacun à revenir à l’essentiel et se détacher d’une actualité pesante, sans pour autant sombrer dans l’insouciance totale. L’amour semble alors le meilleur des remèdes contre la mélancolie dans un monde où les tempêtes de neige peuvent être rudes et les explosions de soleil tout autant.
Anne Émond sait parfaitement mettre en scène des personnages gauches, maladroits mais absolument attachants. Elle ne sombre jamais dans l’intellectualisme forcené sans pour autant céder à la facilité narrative. Chacun des personnages qui entourent ce couple inattendu, qu’il s’agisse du père lourdaud ou des amis originaux, contribuent à faire émerger un climat de joyeuseté indéniable. La réalisatrice critique avec gentillesse ces multiples thérapies qui enrichissent le système et invite à privilégier la relation, comme une invitation au bonheur. On n’oubliera pas les nombreux chiens qui accompagnent le quotidien des personnages et ressemblent à des témoins silencieux mais amusé de la comédie humaine.